Scènes domestiques

 


Scènes domestiques

Dans les méandres de nos salons,
se glissent parfois des situations
qui poussent à la réflexion…
yon yon

Sur les canapés, deux mâles affalés :
l’un est humain, l’autre canin, et
tous deux paraissent affamés.
yé yé

Ils ont tous l’air d’être malheureux,
mais ne vous trompez pas sur eux —
ce sont en vrai des mâles heureux.
reux reux

Car leur malice les rend complices
quand vient l’heure du doux délice :
ensemble ils s’unissent…
ce ce

Et en silence, je bouillonnais,
en maîtresse douce, je m’inclinai,
en épouse aimante, le gâteau fut donné.
(silence complice)

Mais voyons messieurs, gardez votre sérieux —
dans les maisons courent l... les mâles heureux.


Note d'auteur :

Ce poème est né d’une scène bien réelle : deux mâles affalés sur le canapé, l’un humain, l’autre canin, tous deux faussement malheureux… mais très doués pour le faire croire. J’ai souri : pour des malheureux, ils étaient plutôt dans la catégorie des mâles heureux.

Alors j’ai décidé de leur écrire le poème de cette scène domestique. Et comme elle était comique, j’y ai glissé cette petite ritournelle enfantine : doubler la fin d’un mot, comme on le fait quand on joue à rimer pour le plaisir du son.

Mais les poètes le savent bien : ce jeu devient parfois une tourmente. En répétant cette forme, je conduis volontairement le lecteur à anticiper la rime doublée. Il finit par y participer, presque malgré lui… jusqu’à l’avant-dernière strophe, où les rimes portent à confusion. Et là, poème oblige, je rappelle à la raison — avec un grand fou rire intérieur.

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