Le feu
Le feu, sombre veilleur, immobile et aduste, Dresse au cœur du matin son halo fulgurant, Et son souffle ignivome, en silence brûlant, Éclaire l’horizon d’une clarté robuste. Il règne sans bouger, dans sa trabbée auguste, Versant sur les rochers un poudroiement ardent, Et la pierre, en vibrant sous son éclat mordant, Devient un chœur de braise, immobile et robuste. Mais parfois, dans l’azur, une lueur s’élance : Un ignicole éclair surgit de sa puissance, Et l’on croit voir, au loin, palpiter un soleil. Alors le feu, surpris par sa propre lumière, Se fige en un flamboi, tel un antique réveil, Et rend au monde entier sa chaleur coutumière.









