Sildéon

 

Peluche douceur,
Silence sacré, secret,
L'enfance s'en va.

Il existe des présences qui ne laissent ni trace ni nom, mais qui traversent l’enfance comme un souffle invisible. Le Sildéon est l’un de ces murmures — une figure sans visage, un trouble sans cri. Ce poème ne raconte pas, il évoque. Il ne décrit pas, il laisse deviner. À travers des strophes rituelles, des silences suspendus, et un rythme qui respire, il offre un témoignage voilé, une mémoire transfigurée. L’enfant parle sans bruit. Le Sildéon passe. Et quelque chose s’en va.

Sildéon

Les rideaux dansaient. Une ombre. 
Des mots cotonneux, des bras de velours, 
Mon corps enlacé. Silence. 
C’était le… Sildéon.

Il parlait du vent. En ami. 
Mes ailes déployées, je pouvais voler, 
Mais elles se sont brûlées. Brisées. 
C’était le… Sildéon.

La porte de mes siestes. Enfer. 
Je rêvais. Sommeil capturé de l’élue. 
Mes jeux s’envolèrent. Stupeur. 
C’était le… Sildéon.

L’amour était confus. Douleur. 
Trésor des ténèbres, douce proie, 
Je devenais pierre. Plaire. 
C’était le… Sildéon.

Ces mots étaient plumes. Menteur. 
Mes bras à ses ordres m’abandonnaient. 
Le vent dans mon ventre. Dégoût. 
C’était le… Sildéon.

Tant de tendresse et de cadeaux. Gagnés. 
Dans mon cœur d’enfant, ont détourné, 
Mon regard sur l’amour. Erroné. 
C’était le… Sildéon.

Une éclipse de jour. Brutale. 
Tremblement soudain, frissons d’incompréhension. 
Son ombre m’effaça. L’oubli. 
C’était le… Sildéon.

Mon secret fallait garder. Malheur. 
Ma solitude, je la cachais, de ma bonne humeur, 
Et de mon humour. Je survivais.
Le Sildéon est mort.

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