Le docteur hématologue
Note d'auteur :
J'ai choisi la forme oulipienne du sonnet irrationnel de Jacques Bens pour accompagner ce poème.
Le docteur hématologue
Dans son cimetière d'hôpital, il hante les patients,
De son scalpel tranchant, sifflotant gaiement,
Découpe les artères pour en faire des bouquets d'effroi.
Mon docteur fait les lampions de cœurs, quelle horreur !
Dans son caveau de garde, il jette sur la paroi
Du plasma givré, tout en hurlant follement,
Du plasma givré, tout en hurlant follement,
C'est un croque-mort lyrique, un démon charmant,
Qui mijote les foies dans un chaudron de roi.
Mon docteur est un loup-garou, quel bonheur !
Mon docteur est un loup-garou, quel bonheur !
Son myélogramme transperce l'os en profondeur !
Pour y extraire la moelle vive aux éclats de désespoir,
Halloween l'embrasse, il s'enflamme sans pudeur,
Baigné d'hémoglobine, de fièvre et de sueur,
À l'aube, il range ses crocs et son stéthoscope noir.

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