Le lapin d'Arolle

 



Au fin fond de la montagne sacrée,
Coulait un ruisseau de glace nacrée,
Où flottait la sombre branche d'Arolle
Vidée, dans ce courant azurin, folle.

Sur le sentier de randonnée, le passant
Au regard artistique s'arrêta et plaçant
Son corps le long du courant, ramasse
le bois aux formes étrangères, et grimace.

Il y voyait déjà, l'objet de son imagination.
Sculpteur aux mains d'acier se donnait mission
De confectionner à son image, ce que la nature
Taisait, un lapin pantin, sa silencieuse progéniture.

Dans son atelier, il ciselait avec précision
sans difficulté ni contrainte de conception,
cette marionnette délicate dont il est si fier,
animée en douceur par des fibres de verre.

Sur la scénette du petit théâtre, les projecteurs
jettent sur moi une lumière en forme de fleur,
Selon les consignes du metteur en scène,
Je suis l'objet, face à tous ces mécènes.

Aucun n'a conscience du mal qu'ils génèrent,
Là où il voit réussite et victoire éphémère,
Moi je suis meurtri et déconstruit. Mon bois
Si beau et si précieux, a perdu de son éclat.

Dans la funèbre malle, je pense à mon ruisseau,
Là où j'ai trouvé ma voie, contre tous les idéaux.
J'avais fini par trouver ma liberté, mon espoir,
qu'ici on m'a privée pour être comme eux, noir.


Commentaires

  1. [...]
    "Dans la funèbre malle, je pense à mon ruisseau,
    Là où j'ai trouvé ma voie, contre tous les idéaux.
    J'avais fini par trouver ma liberté, mon espoir,
    qu'ici on m'a privée pour être comme eux, noir."

    Beau poème et belle interprétation à deux voix par Suno.

    Cordialement
    alhan alias

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    Réponses
    1. Bonjour Alhan,

      Merci beaucoup. Votre commentaire me touche.

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