Obombrer sur la scène (Poème en prose)
Obombrer sur la scène
Sur la scène théâtrale, Obombrer s’est fait la malle.
Il n’avait aucune raison de quitter les lieux ainsi,
mais il prit ses quatre ombres à son cou
et,
dans un vent d’action — que dis-je, une tornade voulue —
disparut dans la nuit, sous la lumière des rues.
Obombrer, notre national, n’avait guère apprécié
qu’on lui rappelle que la vertu des hommes
est parfois d’être sombre,
mais que la plupart du temps,
il se doit d’être charmant.
Il aimait sa solitude, son espace privé,
ignorant le passé et les histoires perdues
de ses fans convenus dans les hôtels de quartier.
Fanés ? Possible.
De son étoffe du silence, à la doublure du doute,
sa cape rouge bibine brillait sous le ciel voilé.
Obombrer dessinait dans les airs
des rondes ondes
ponctuées de claquements de doigts.
Il accompagnait ses déplacements
d’une froideur d’étoile,
incapable malgré lui d’être pire que le diable.
La sombre histoire d’Obombrer s’achève à son chevet,
lorsque la galaxie se réunit autour de lui,
invoquant le soleil, seul astre capable de lui plaire.
Alors il fondit devant sa splendeur et sa chaleur,
comme une glace d’Obombrer en été,
abandonnée sur la plage des songes.



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