Au banquet des personas
Au banquet des personas, la nuit brillait, noir velours,
Les convives scintillaient sous leurs trophées de gloire,
Masques laqués, miroirs d’un faste sans détour,
Offrant à chaque regard un mensonge à boire.
La magie des fêtes, en pluie d’étincelles,
Offrait à chacun l’occasion de briller,
En façonnant un visage, un éclat artificiel,
Pour mimer le bonheur comme on mime un baiser.
Au banquet des personas, un mets fut présenté :
On servit un bouc — non pas bête de festin,
Mais celui qui voit clair quand les autres s’aveuglent.
Sa chair portait encore la vérité du matin,
Et son silence tenait tête aux rires qui beuglent.
Les convives, ivres de leurs faux éclats,
S’acharnèrent, déchirant ce qu’ils ne comprenaient pas.
Chaque coup révélait leur propre nuit en miroir,
Et la table, soudain, devint autel dérisoire.
Au banquet des personas,
Le bouc émissaire gagna sans lever la voix :
Il leur montra l’intégrité des êtres authentiques,
Ceux qui ne troquent jamais leur vérité pour la loi
Des foules affamées de mirages mimétiques.
Derrière tous ces apparats, l’homme perd sa vertu :
À force de se travestir pour séduire la foule,
Il devient le prédateur qu’il maudissait, perdu
Dans la nuit de lui-même où son propre masque croule.
Version en musique :



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