Complainte du bibliophile égaré
L’IA peut-elle rivaliser avec les poètes qui écrivent “en style élevé” ? J’ai tenté l’expérience : un poème entièrement généré par IA, dans un langage très soutenu, tel que le réclame l’élite littéraire. Le résultat est… éclairant.
Complainte du bibliophile égaré
ou : De la céphalée littéraire à la révélation populaire
Depuis trois heures, je déambule en ces sanctuaires de papier,
Quêtant l’opus rare qui saura combler mon appétit sapientiel.
Une migraine érudite tambourine à mon front sentenciel,
Et mon souffle même chancelle sous l’excès de tant d’écrits sacrés.
J’ai affronté Proust — son fleuve syntaxique a noyé mes velléités critiques.
Puis Musil — dont la rigueur adamantine a fracturé mes forces vacillantes.
Kafka même, oracle des métamorphoses, maître des détours oniriques,
M’inflige aujourd’hui une dyspnée
herméneutique aux accents suffocants.
Soudain, au détour d’une étagère profane et délaissée,
Mes doigts exténués frôlent un volume aux teintes criardes.
« San Antonio » — oracle populaire aux consonances gaillardes,
Que le vulgaire chérit dans une ferveur inavouée et pressée.
Par scrupule épistémique, j’ouvre néanmoins l’ouvrage.
Première page : « Bérurier s’amène avec sa grande gueule. »
Ô stupeur ! Ce verbe truculent dissipe mes brumes intellectuelles,
Et relègue Homère lui-même aux marges de mon paysage.
Deuxième page : un tumulte narratif aux ardeurs débridées,
Où l’argot fulmine en cataractes de verve indisciplinée.
Mon souffle critique chancelle sous cette cadence effervescente,
Et ma syntaxe compassée vacille, soudain démunie et tremblante.
Je me dirige vers la caisse, l’opus serré contre ma
poitrine.
Un feuillet rebelle lacère soudain mon doigt trop zélé.
Une hémorragie digitale, d’une cruauté raffinée, s’achemine,
Mais qu’importe ! Dard m’appelle, et mon destin s’en trouve scellé.
Je dissimule l’ouvrage sous mon manteau, tel un secret
infamant,
Craignant qu’un œil lettré ne surprenne ma déroute littéraire.
Mon pas se fait furtif, presque liturgique dans son embarras flambant,
Tandis qu’en moi résonne déjà la promesse d’un plaisir vulgaire.
Septembre s’achève, scellant l’aube d’une révélation inopinée.
Moi, l’herméneute altier, gardien des lettres sanctifiées,
Je dissimule l’opus sous mon manteau, âme soudain désemparée,
Redoutant d’être surpris en dévot d’une prose jugée trop débridée.
Note d'auteur : Poème rédigé à partir d'un prompt par l'IA Claude et l'IA Copilot.

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