Le mandarinat
C’était un altier personnage
Tel un paon des rayonnages
vivait en haut de sa bibliothèque,
étalant les livres comme des paillettes
qu’on éclabousse à la vue de tous.
C'était un perroquet parleur du passé
qui étalait ses mots anciens,
ramenant sa science aux non-initiés,
et, sans amertume, prenait plaisir à humilier.
C'était un ogre en mal d’amour,
en quête de reconnaissance,
sauf de ceux, loin de son envergure,
qu’il considérait comme des miniatures.
À la cour des cireurs de pompes,
il était roi, exigeant mille révérences.
Ces pauvres gens croyaient être reconnus,
mais en réalité, ils n’étaient que chiens de paille.
Il possédait les joyaux du venin.
Sans scrupule, la violence des mots
était utilisée tel l’or ou les pierres précieuses,
bien emballée et pleine d’éclat — un leurre.
Au jeu de la vie, la roue finit par tourner,
alors que son histoire n’était que ravage,
avec ses mots blessants et sa pensée sauvage,
seule sa feuille de papier restait dans son délire.
Il découvrit le silence après le bruit.
Dans la misère et la solitude, il se retrouva.
Rejeté par tous, haï à son tour,
il apprit
la véritable souffrance, celle de la vraie vie.
Alors que tout le monde était en fête,
dans le chaos d’une nuit d’hiver, seul, abandonné,
il s’endormit à tout jamais, vêtu de haillons troués.
Il fut enterré dans la fosse commune, ignoré de tous.
C'était un altier personnage.
Version chantée :



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