Printemps d'hiver
Dans mon royaume d'enfant, le monde était magique,
Les fleurs dansaient la ritournelle, et les colombes la gigue.
Un homme, sans clef ni grâce, pouvoir divin, est entré.
Le mâle a dit que j'étais belle, qu'on allait s'amuser. Secret.
Du haut de mes quatre ans, je vivais le présent et le temps
Me paraissait éternel, jusqu’à ce que le printemps devienne sang.
Cet homme a brisé ma vie, et moi, je pensais être son amie.
Le mâle a dit que c'était pour mon bien, qu'il m'aimait. Anémie.
Le mâle a dit : "ceci est bon pour toi," et il pensait : "c'est agréable".
L'enfant, dans la brume des illusions, croyait aux paroles du diable.
La nuit enlace mon imaginaire, et les étoiles filent, pressées.
La tempête dans son air d’opéra, rugit de milles voix chantées.
La terre tremble et se dérobe sous mes pieds, je cris, j’ai peur.
Le mal a dit qu’il m’avait blessé, qu’il m’avait détruit. Fureur.
La muselière du secret, ce fardeau luciférien, me hantait.
Lentement dans les abîmes de mon monde, je fuyais.
Les montres tournaient patiemment, effrayantes, je suis vaincue,
Le mal a dit que cette aventure était dure, qu’il m’avait eue.
Le mal a dit ton innocence n’est plus, ton enfance perdue, hiver.
Et moi, j’ai refusé de le croire, j’ai refusé de boire le verre.
Dans mon jardin privé, mon cœur s’est enfermé, triste.
Les fleurs sauvages valsent langoureusement sur la piste.
La chaleur est intense, je transpire, je suis en transe,
La maladie s’installe en moi, et les symptômes pensent.
A l’extérieur, tout le monde s’affole, ma luciole s’étiole,
Un ange blanc m’a secouru suivant la vie, sa boussole.
En fleur de pissenlit, j’apparais frêle, en moi sa détermination.
La maladie m’apporte la preuve du Soleil, dans mon horizon.
La maladie voulait ma peau, prouvé au mâle qu’il a fait mal.
Et moi j’ai dit, je suis en vie, et malgré vous j’ouvre le bal.
Version chantée :
Vidéo du poème chanté :



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