Contrerimes





Contrerime croisée

Au pays des mains tendues, il jetait quelques écus,
Peuple cité — mais seuls ses fidèles furent élus ;
La bourse percée parlait encore de paix…
Et c’est la guerre qui éclata sous son règne de malfrat.

Nota : Cette contrerime relève aussi de l’épigramme au sens où Toulet l’entendait : un quatrain bref, incisif, volontiers satirique. Les rimes libres participent ici à la musicalité du poème, fidèle à l’esprit de cette forme où prime le rythme plus que la contrainte.


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Contrerime inversé

Ma colère m'inonde, 
Mon regard se brise contre la bise, 
Mon corps en tour de Pise 
S'apprête à tomber, face à ce monde.

***

Je cours, je fuis,
Devant l’insistance du client pressé,
Sourire forcé,
Un jour viendra où il mangera sa suie.

Nota : Cette contrerime est une invention personnelle. Elle reprend la rythmique de la contrerime de Toulet, mais en inverse le mouvement : au lieu d’un vers long réflexif suivi d’un vers court impulsif, elle commence par une impulsion brève pour s’ouvrir ensuite vers la réflexion. Je cours, je fuis,
Devant l’insistance du client pressé, Sourire forcé, Un jour viendra où il mangera sa suie.
Je cours, je fuis, Devant l’insistance du client pressé, Sourire forcé, Un jour viendra où il mangera sa suie.

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Contrerime selon l'esprit Toulet

L’hiver étend son blanc manteau,
Le froid si saisissant,
Endort notre corps impuissant,
L’hiver est un étau.

Nota : À l’époque de Toulet, l’image du « corps tremblant » aurait été neuve et expressive. Aujourd’hui, elle est devenue trop usée à force d’être reprise. J’ai donc choisi une autre image, comme il l’aurait sans doute fait s’il écrivait à notre époque.. 








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